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Le lexique du privé : trente mots que vous allez croiser et que personne ne vous expliquera

OGEC, APEL, caractère propre, forfait communal... Trente mots que vous allez croiser dès vos premières recherches d'école privée, enfin expliqués simplement, sans jargon.

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La première fois que j'ai vraiment regardé le site d'une école privée, j'ai eu le sentiment de lire une langue étrangère. On y parlait d'OGEC, de caractère propre, de tutelle diocésaine, de forfait communal. Sur les forums, des parents débattaient de l'APEL comme si tout le monde savait de quoi il s'agissait. Personne ne prenait le temps d'expliquer. On était censé comprendre, ou faire semblant.

Ce petit dictionnaire est celui que j'aurais aimé avoir sous la main à ce moment-là. Trente mots, regroupés par familles, que vous allez croiser dès vos premières recherches : sur les plaquettes, aux portes ouvertes, dans les dossiers d'inscription. Vous pouvez le lire d'un trait ou le garder ouvert dans un onglet et y revenir quand un terme vous arrête. L'idée n'est pas de faire de vous un expert. Elle est de faire en sorte que, la prochaine fois, vous ne soyez plus un étranger.

Statuts et cadre légal

École privée sous contrat. Établissement qui a signé un contrat avec l'État : ce dernier prend en charge la rémunération des enseignants, en échange de quoi l'école suit les programmes nationaux et se soumet aux inspections. C'est le statut de la très grande majorité des écoles privées en France.

École hors contrat. Établissement sans lien contractuel avec l'État, qui fixe librement ses programmes et ses méthodes, ne reçoit pas de financement public et facture donc des frais nettement plus élevés. La plupart des écoles Montessori, Steiner ou bilingues innovantes relèvent de ce statut.

Contrat d'association et contrat simple. Deux régimes possibles pour une école sous contrat. Dans le contrat d'association, l'État rémunère les enseignants et la commune participe aux frais de fonctionnement. Le contrat simple, plus ancien et devenu rare dans le premier degré, se limite à la prise en charge des salaires. En pratique, au primaire, l'immense majorité des écoles sont en contrat d'association.

Caractère propre. Notion issue de la loi Debré de 1959. Elle reconnaît à un établissement privé le droit d'affirmer une identité particulière, le plus souvent confessionnelle, et de la vivre au quotidien. Attention à un contresens fréquent : une école sous contrat peut demander à une famille de respecter ce caractère propre, mais elle ne peut pas refuser un enfant au motif de sa religion ou de son absence de religion.

Instruction obligatoire. Depuis la loi pour une école de la confiance du 26 juillet 2019, l'instruction est obligatoire pour tous les enfants dès l'âge de trois ans, contre six ans auparavant. Un point souvent mal compris : c'est l'instruction qui est obligatoire, pas la scolarisation dans un établissement.

Gouvernance et acteurs

OGEC. Organisme de gestion de l'enseignement catholique. C'est l'association loi 1901 qui porte juridiquement l'école catholique : elle gère les finances, les locaux, et emploie le chef d'établissement ainsi que le personnel non enseignant. Quand une école parle de travaux, de budget ou de recrutement administratif, c'est l'OGEC qui est aux commandes.

APEL. Association de parents d'élèves de l'enseignement libre. C'est l'association des parents propre au réseau privé, présente dans la plupart des établissements catholiques et reliée à une fédération nationale. Votre cotisation finance des actions concrètes, de l'animation de la vie de l'école à l'information des familles.

Tutelle. L'autorité morale qui garantit la cohérence et l'identité d'un établissement. Elle est diocésaine lorsqu'elle dépend de l'évêque du lieu, ou congréganiste lorsqu'elle relève d'une congrégation religieuse (jésuites, lasalliens, et bien d'autres). La tutelle veille à ce que l'école reste fidèle à son projet.

Direction diocésaine. L'échelon territorial de l'enseignement catholique, animé par un directeur diocésain, qui coordonne les établissements d'un même diocèse. C'est un interlocuteur institutionnel que vous croiserez rarement en tant que parent, mais dont le nom revient dans les documents officiels.

Chef d'établissement. Le titre porté par la personne qui dirige une école privée, là où le public parle de directeur ou de directrice. Dans le privé, ce rôle est souvent plus large : le chef d'établissement porte le projet, anime l'équipe et joue un rôle central dans les admissions.

Secrétariat général de l'enseignement catholique. Souvent abrégé en SGEC, c'est l'instance nationale qui représente et coordonne l'enseignement catholique en France. C'est aussi la source de référence pour les chiffres du secteur, comme le nombre d'établissements ou d'élèves.

L'argent et le financement

Forfait communal. La contribution obligatoire que verse une commune au fonctionnement des écoles sous contrat d'association situées sur son territoire, pour ses propres habitants. Il découle de la loi Debré de 1959, et la loi Carle de 2009 l'a étendu, dans certains cas, aux communes de résidence quand l'enfant est scolarisé ailleurs. C'est l'une des raisons pour lesquelles une école sous contrat coûte si peu cher aux familles.

Contribution des familles. Le terme exact qu'emploient les écoles privées pour désigner ce que le langage courant appelle les frais de scolarité. Dans le catholique sous contrat, cette contribution finance ce que l'État et la commune ne couvrent pas : le caractère propre, les locaux, la pastorale, une partie de la vie de l'établissement.

Don et libéralité. Vous verrez parfois une école solliciter, en plus de la contribution, un don volontaire, présenté comme une libéralité. Ces sommes, distinctes des frais obligatoires, servent en général à financer des projets ou des travaux, et ouvrent souvent droit à une réduction d'impôt.

Fondation et fonds de dotation. Structures juridiques que certaines écoles adossent à leur établissement pour collecter des dons sur la durée, financer des bourses ou de grands investissements. Leur présence signale souvent une école dotée d'un réseau d'anciens élèves actif.

Bourse. Aide financière destinée à réduire le coût de la scolarité. Elle peut venir de l'État, sur critères sociaux, pour les écoles sous contrat, ou de l'établissement lui-même à travers un fonds propre. Ces aides existent mais restent discrètes.

Pédagogie et projet

Projet éducatif. Le texte fondateur d'une école, qui énonce ses valeurs, sa vision de l'enfant et ses priorités. C'est le document à lire en premier : il vous dit ce que l'école croit et ce à quoi elle vous demandera d'adhérer.

Projet d'établissement. À ne pas confondre avec le précédent. Là où le projet éducatif énonce des valeurs, le projet d'établissement décrit leur mise en œuvre concrète : organisation, dispositifs, temps forts de l'année. L'un dit le pourquoi, l'autre le comment.

Pédagogie explicite. Approche qui structure fortement l'enseignement, avec des objectifs clairs, des étapes progressives et une vérification régulière des acquis. Elle revient beaucoup dans les écoles dites classiques exigeantes. Les grandes familles pédagogiques sont comparées dans un article dédié de ce site.

Vocabulaire Montessori. Vous croiserez des mots comme ambiance (la classe), période sensible (un moment où l'enfant apprend spontanément une compétence) ou matériel (les objets d'apprentissage). Ce lexique propre à la méthode signale une école qui s'en revendique, à des degrés de fidélité très variables.

Cycle. Le découpage officiel de la scolarité en blocs de plusieurs années. La maternelle forme le cycle 1 ; le CP, le CE1 et le CE2 forment le cycle 2 ; le CM1, le CM2 et la sixième forment le cycle 3. Connaître ce découpage aide à lire une plaquette et à situer les moments de transition.

Classe multi-âge et décloisonnement. Deux organisations que vous verrez souvent citées. La classe multi-âge réunit des enfants d'âges différents dans une même salle, une signature des écoles Montessori. Le décloisonnement consiste à mélanger ponctuellement les classes pour certaines activités. Les deux visent à sortir du modèle d'une classe fermée par niveau.

La vie religieuse

Pastorale. L'ensemble de la vie spirituelle proposée par une école confessionnelle : temps de réflexion, actions de solidarité, accompagnement. La pastorale déborde du seul cours de religion et irrigue la vie de l'établissement.

Catéchèse et éveil à la foi. Deux niveaux d'enseignement religieux selon l'âge. L'éveil à la foi s'adresse aux plus jeunes, sous une forme sensible et simple. La catéchèse, plus structurée, prépare notamment aux sacrements. Selon les écoles, ces temps sont proposés à tous ou réservés aux familles qui le souhaitent.

Aumônerie. Le service qui organise l'accompagnement spirituel des élèves, souvent animé par un aumônier. Au primaire, sa présence est plus légère qu'au collège ou au lycée, mais le terme apparaît dans certains projets.

Temps fort. Un moment particulier dans le calendrier de l'école, souvent lié à une fête religieuse ou à un projet commun : une célébration, une journée de solidarité, une retraite. C'est un mot que vous entendrez aux portes ouvertes des établissements catholiques.

L'admission et la scolarité

Commission d'admission. Le groupe de personnes qui examine les candidatures : selon les écoles, le chef d'établissement seul ou accompagné d'enseignants et de membres de l'équipe. C'est elle qui étudie votre dossier et rend un avis.

Liste d'attente et liste complémentaire. Ce que l'on vous propose quand une école vous retient sans pouvoir vous offrir une place immédiate. Y figurer n'est ni un refus ni une promesse : c'est une position d'attente, qui peut se débloquer au gré des désistements.

Coéducation. Le principe, très présent dans le discours du privé, selon lequel l'école et la famille éduquent ensemble, en partenariat et en cohérence. Quand une école insiste sur la coéducation, elle vous dit qu'elle attend des parents présents et engagés à ses côtés.

Livret et carnet de suivi des apprentissages. Le document, obligatoire en maternelle, dans lequel l'enseignant consigne les progrès de l'enfant par compétences plutôt que par notes. En élémentaire, il laisse place aux bulletins. C'est une pièce que les écoles examinent, et savoir la lire est un sujet en soi.

Vous avez désormais les clés

Connaître ces mots ne fait pas de vous un initié, mais cela change tout : vous n'entrez plus dans une porte ouverte en terrain inconnu, vous ne subissez plus une plaquette, vous posez de meilleures questions. La langue du privé cesse d'être un mur pour devenir un simple outil.

Pour garder ces mots à portée de main sur le terrain, ce site propose déjà le Décodeur des Plaquettes : collez-y le texte d'une plaquette d'école et il repère pour vous les formules marketing et ce qu'elles taisent. Il est accessible librement après la création d'un compte gratuit. Et si vous voulez passer de la théorie au terrain, notre annuaire des écoles, lui aussi gratuit, vous attend pour commencer à explorer les établissements près de chez vous.

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